Épopée · Concert 4

Céladon

Les miracles de Santa Maria
Samedi 5 septembre 202618hFeldbach — église Saint-Jacques

La musique

Le livre d’un roi

Il est rare qu’un monument de la musique médiévale porte un nom d’auteur, et plus rare encore que ce nom soit celui d’un souverain. Les Cantigas de Santa Maria sont l’œuvre d’un atelier, mais elles furent voulues, dirigées et pour partie écrites par Alphonse X de Castille et de León (1221-1284), que la postérité a surnommé el Sabio, le Sage — ou plutôt le Savant. Quatre cent vingt-sept chansons, composées et compilées sur près de trois décennies, toutes dédiées à la Vierge : c’est l’un des plus vastes recueils lyriques que le Moyen Âge occidental nous ait légués, et le plus grand corpus de musique monodique profane notée après celui des troubadours et des trouvères.

Le projet occupe presque tout le règne, de 1252 à la mort du roi. Alphonse y voyait à la fois un instrument de son salut personnel et une entreprise politique : le livre devait rester dans l’église où il serait enterré, et l’on devait l’y chanter aux fêtes mariales.

Un roi traducteur

On ne comprend les Cantigas qu’en les replaçant dans l’atelier qui les a produites. Le scriptorium alphonsin est l’un des grands foyers intellectuels de l’Europe du XIIIe siècle : on y rédige le code juridique des Siete Partidas, une Estoria de España, des traités d’astronomie traduits de l’arabe, un Libro de los juegos consacré aux échecs et aux dés. Des lettrés chrétiens, juifs et musulmans y travaillent côte à côte, dans une Castille qui vient d’absorber Séville et Cordoue et qui digère l’héritage andalou autant qu’elle le conquiert.

Un détail signale la sophistication de cette cour : les Cantigas ne sont pas écrites en castillan, langue de la chancellerie et de la loi, mais en galaïco-portugais. C’est que la Péninsule réservait alors cette langue à la poésie lyrique, comme le reste de l’Europe réservait l’occitan au chant courtois. Le roi de Castille écrit ses lois dans une langue et ses chansons dans une autre.

Miracles

Trois cent cinquante-trois des Cantigas racontent un miracle. Et il faut renoncer d’emblée à l’idée d’un recueil pieux et lisse. On y croise des joueurs de dés qui blasphèment, une abbesse enceinte que la Vierge accouche discrètement pour sauver sa réputation, un pèlerin que le diable pousse à se mutiler, des marchands, des voleurs, des marins, des juifs et des Maures, des femmes qui ruinent leur ménage au jeu. Marie y est une protagoniste active, tour à tour secourable, ironique et redoutable ; elle punit autant qu’elle sauve. Le roi lui-même apparaît dans plusieurs récits, malade et guéri, comme s’il versait sa propre biographie au dossier des preuves.

Toutes les dix chansons, le régime change : une cantiga de loor, chant de louange sans récit, vient interrompre la série des miracles. Cette alternance, rigoureusement tenue, donne au recueil sa respiration — neuf histoires, puis un hymne, puis neuf histoires encore.

La forme et la question andalouse

Presque toutes les Cantigas adoptent la même architecture : un refrain, des strophes, et un retour au refrain par un vers qui en reprend la rime. Les musicologues français y reconnaissent la forme du virelai ; les hispanistes y voient la structure du zéjel andalou, poème strophique en arabe dialectal pratiqué dans al-Andalus depuis le XIe siècle. La coïncidence est frappante, et elle a nourri, depuis les travaux de Julián Ribera au début du XXe siècle, l’hypothèse d’une filiation directe entre la lyrique arabo-andalouse et le chant strophique roman.

L’hypothèse a été contestée, et elle le reste : des formes à refrain existaient dans la latinité liturgique sans qu’on ait besoin d’un modèle arabe. Mais l’affirmer ou la nier importe moins que de mesurer ce que ce débat révèle. Les Cantigas naissent dans un monde où les répertoires ne se laissent pas séparer proprement, où un même souverain fait traduire Ptolémée de l’arabe et chanter la Vierge en galicien. Le métissage n’est pas ici une jolie métaphore : c’est la condition de production du livre.

Quatre manuscrits

Le recueil nous est parvenu par quatre témoins. Le plus ancien, dit de Tolède, offre une version courte du projet. Le Códice Rico de l’Escorial déploie pour chaque chanson un cycle de six vignettes qui en racontent l’histoire en images — l’un des plus beaux ensembles narratifs enluminés du siècle. Le manuscrit de Florence, resté inachevé, en était le compagnon. Enfin le Códice de los músicos, également à l’Escorial, rassemble la quasi-totalité du corpus.

C’est ce dernier qui vaut à notre programme son instrumentarium. Toutes les dix chansons, à hauteur des cantigas de loor, une miniature montre deux musiciens face à face avec leurs instruments : une quarantaine d’images, et un inventaire organologique sans équivalent. Luths, vièles, harpes, psaltérions, organetti, cornemuses, flûtes, timbales, sinfonia — on y voit aussi des instrumentistes en costume mauresque jouant aux côtés de musiciens chrétiens.

Ces images sont précieuses, mais il faut savoir ce qu’elles ne disent pas. Ce sont des figures idéales, disposées par paires symétriques, et aucune ne montre un instrumentiste accompagnant un chanteur. Les manuscrits, du reste, ne notent qu’une seule ligne mélodique. Tout accompagnement instrumental des Cantigas est donc une proposition moderne — informée, argumentée, mais assumée comme telle. Il en va de même du rythme : la notation ne le fixe pas sans ambiguïté, et chaque interprétation tranche des questions que les sources laissent ouvertes.

Ce que propose l’ensemble Céladon

Le travail engagé pour ce programme part de l’édition monumentale de Walter Mettmann, confrontée aux manuscrits désormais consultables en ligne, et fait appel à un ou une philologue pour approcher au plus près la prononciation du galaïco-portugais médiéval — car cette langue-là aussi se reconstruit, et sa sonorité fait partie de la musique.

Deux voix, soprano et contre-ténor, portent le récit. Autour d’elles, un instrumentarium volontairement riche répond à l’invitation des enluminures : luth médiéval, cornet, flûtes, vièles diverses, percussions, organetto et clavicembalo, harpe médiévale, sinfonia — l’ancêtre de la vielle à roue. Non pour reconstituer une pratique dont nous n’avons pas le mode d’emploi, mais pour rendre à ces chansons l’ampleur sonore que leur livre, à chaque dixième page, semble appeler.

L’ensemble

Ensemble Céladon

Depuis sa création par le contre-ténor Paulin Bündgen en 1999, l’ensemble Céladon a sillonné les routes de France et d’Europe et a été applaudi dans de nombreux lieux prestigieux, tels que les Centres culturels de rencontre d’Ambronay, de Vézelay et de Noirlac, et les festivals Voix et Route Romane, Music in the Dales (UK), Les Nuits de Septembre (BE), Fondazione Pietà de’ Turchini (IT), Julita (SE), Musica em Póvoa de Varzim (PT) ou encore Tage Alter Musik Regensburg (DE).

Fort de son expérience, l’ensemble a construit son identité avec la volonté d’insuffler une grande part de modernité aux musiques anciennes, faisant le pari de rendre ces répertoires accessibles aujourd’hui, à toutes et à tous, dans l’immédiateté de notre époque. Ainsi questionne-t-il et réinvente-t-il sans cesse le format de ses concerts : mise en scène, spatialisation ou mélange des genres sont autant de clés dont il s’empare pour créer cette identité fraîche qui lui est propre.

Le public qui a croisé le chemin de Céladon retiendra souvent la proximité et l’accessibilité mises à l’honneur par les artistes. Car des places de village aux lieux les plus prestigieux, l’énergie reste égale, toujours alimentée par la même envie de transmettre l’amour de la musique. Les artistes vont ainsi à la rencontre de jeunes de tous âges — rencontres favorisées depuis quelques années par leur résidence au Centre scolaire Saint-Louis – Saint-Bruno — mais cherchent également à sortir des sentiers battus et des idées reçues, en attirant un public non initié aux esthétiques de la musique ancienne.

L’histoire de Céladon est aussi une histoire de rêves qui se construisent et se réalisent. Son directeur artistique, Paulin Bündgen, a toujours eu à cœur de s’entourer d’une équipe porteuse de valeurs à la fois artistiques et humaines, toujours prête à le suivre dans son exploration des répertoires et des formes — garantie d’un voyage entre les siècles et les disciplines. C’est cette recherche qui l’a amené à construire des programmes originaux et ambitieux auprès d’artistes de renom comme Jean-Philippe Goude, Kyrie Kristmanson ou Michael Nyman.

Après un premier album enregistré en 2006, la discographie de l’ensemble n’a cessé de croître, couvrant une large période historique, de la musique médiévale à la musique contemporaine. Ces explorations lui valent une reconnaissance internationale de la part de la presse spécialisée, mais aussi de son public, toujours fidèle au poste à chaque nouvelle sortie.

On retiendra notamment les mots de la Société française de luth, louant « une vraie science des sonorités […] une sensibilité, une expression mêlées à une grande exigence technique […], le charme tranquille et sans esbroufe d’un travail de longue haleine et d’une indiscutable expérience », ou ceux de Musica Dei Donum : « c’est l’un des disques les plus passionnants que j’ai entendus récemment ».

Paulin Bündgen

Le contre-ténor Paulin Bündgen chante avec Cappella Mediterranea, Doulce Mémoire, Akadêmia, Clématis, Les Passions, Le Concert Spirituel, Amarillis, Les Traversées Baroques, Stradivaria, Les Surprises… et l’ensemble Céladon, formation qu’il a fondée en 1999 et avec laquelle il se produit très régulièrement.

À l’opéra ou en spectacle mis en scène, il a interprété les rôles d’Endimione dans La Calisto de Cavalli, Mercurio dans La Morte d’Orfeo de Landi, Cirilla dans Gli amori d’Apollo e di Dafne de Cavalli, Ottone dans L’Incoronazione di Poppea de Monteverdi et Zephyrus dans Apollo et Hyacinthus de Mozart.

Sa curiosité l’a amené à chanter aux côtés du musicien turc Kudsi Erguner ou de la chanteuse canadienne Kyrie Kristmanson. Il travaille également en étroite collaboration avec les compositeurs Jean-Philippe Goude et Michael Nyman, qui écrivent pour sa voix. Sa discographie comprend plus de cinquante albums, allant de la chanson médiévale à la musique contemporaine.

Il a signé la mise en scène de l’oratorio L’Offerta del cuore humano de Legrenzi en 2020, ainsi que celle de L’Uomo in bivio de Giannettini, dont il assure le rôle-titre en 2023. Ces deux œuvres s’inscrivent dans le cadre de la résidence de l’ensemble Céladon à la Chapelle de la Trinité – Les Grands Concerts de Lyon.

Le programme

Alphonse X le Sage (1221-1284) — Cantigas de Santa Maria

Les artistes

  • Clara Coutoulysoprano
  • Paulin Bündgencontre-ténor et sinfonia
  • Valérie Dulacvièles
  • Florent Marieluth médiéval
  • Tiago Simas Freireflûtes et cornet à bouquin
  • Angélique Mauillonharpe médiévale
  • Caroline Huynh Van Xuanclavicymbalum
  • Ludwin Bernaténépercussions

Les textes chantés et leurs traductions

↑ programme

N° 170 « Loar devemos a que sempre faz bem »

Esta é de loor de Santa Maria. Refrain : Loar devemos a que sempre faz bem e em que toda mesura jaz. I- Esta é madre de Nostro Senhor, Santa Maria, que sempr’ é melhor; Porém lhe devemos a dar loor E no-na podemos loar assaz. II- Ca, em qual guisa podemos loar Muit’a aquela que nos foi mostrar A Deus em carne e nos fez salvar E nos meteu dos santos em sa az ? III- Par Deus, loada mui de coraçom Deve seer dos que no mundo som; Ca ũus faz salvar, outros perdom Gaanham, e o mundo met’ em paz. IV- Loada deve ser mais doutra rem A que tolhe mal sempr’e trage bem E por nós roga, e que nos mantém E nos defende do demo malvaz. V- De mi vos digo que a loarei Mentre for vivo, e sempre direi Bem dos seus bẽes, ca de certo sei Que, pois morrer, que verei a sa faz.
Ceci est un hymne à Sainte Marie. Refrain : Nous devons louer celle qui fait toujours le bien et en qui réside toute sagesse. I- Voici la mère de Notre Seigneur, Sainte Marie, qui est toujours la meilleure, C’est pourquoi nous devons la louer Et nous ne pourrons jamais la louer assez. II- Car comment pourrions-nous louer Suffisamment celle qui nous a révélé Dieu fait chair, qui nous a donné le salut Et qui nous a fait entrer parmi les saints ? III- Grand Dieu, louée de tout cœur Tu dois l’être par le monde entier, Car tu sauves certains, accordes le pardon À d’autres et tu apportes la paix au monde. IV- Il faut avant toute chose louer celle Qui éloigne toujours le mal et apporte le bien, Qui intercède pour nous, qui nous protège Et nous défend contre le démon maléfique. V- Pour ma part, je vous dis que je la louerai Tant que je vivrai et que je parlerai toujours En bien de ses bienfaits, car je suis sûr que, Quand je mourrai, je verrai son visage.
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N° 275 « A que nos guarda do gram fog’ infernal »

Esta é como Santa Maria de Terena guariu dous freires da ordem do Hespital que raviavam. Refrain : A que nos guarda do gram fog’ infernal sãarnos pode de gram rávia mortal. I- Dest’ em Terena fez, per com’ aprendi, Miragr’ a Virgem, segundo que oí Dizer a muitos que s’ acertarom i, De dous raviosos freires do Hespital… II- Que no convento soíam a seer De Moura; mas foi-lhes atal mal prender De rávia que se filhavam a morder Come cam bravo que guarda seu curral. III- Assi raviando filhavam-s’ a travar De si ou doutros que podiam tomar, E por aquesto foro-nos bem liar De liadura forte descomunal. IV- E a Terena os levarom entom, Que logar éste de mui gram devoçom, Que os guarisse a Virgem, ca já nom Lhes sabiam i outro conselho tal. V- E, levando-os ambos a grand’ afám, Que cada ũu mordia come cam, Passarom com eles um rio mui gram D’ Aguadiana, entrant’ a Portugal. VI- E o primeiro deles mentes parou De cima dum outeiro u assomou, Des i mui longe ante si devisou A Terena, que jaz em meo dum val. VII- E disse logo como vos eu direi: “– Soltade-me, ca já eu rávia nom hei, Ca vejo Santa Maria, e bem sei Que ela me guariu mui bem deste mal ; VIII- Mas água me dade que beva, por Deus, Ça a Virgem, que sempr’ acorr’ aos seus, Me guariu ora, nom catand’ aos meus Pecados, que fiz come mui desleal”. IX- O outro diss’ esto meesmo pois viu A eigreja, ca logo se bem sentiu Da rávia são, e água lhes pediu, E derom-lha dũa fonte peranal. X- E, pois beverom, ar filharom-s’ a ir Dereitament’ a Terena por comprir Sa romaria; e, porque os guarir Fora a Virgem, derom i por sinal… XI- Cada um deles desso que s’ atreveu De seu haver, que eno logar meteu; E, des i, cada um deles acendeu Ant’ o altar da Virgem seu estadal. XII- Este miragre mostrou aquela vez Santa Maria, que muitos outros fez Como senhor mui nobr’ e de mui gram prez, Que sempr’ acorre com seu bem e nom fal.
Voici comment Sainte Marie de Terena a guéri deux frères de l’ordre de l’Hôpital qui étaient en proie à la rage. Refrain : Celle qui nous protège des flammes infernales peut aussi nous guérir de la rage mortelle. I- C’est à Terena, d’après ce que j’ai appris, Que la Vierge est apparue, selon ce que j’ai entendu Dire par beaucoup de ceux qui s’y sont rendus, À deux charmants frères de l’Hôpital… II- Qui appartenaient au couvent De Moura, mais qui avaient contracté La rage à tel point qu’ils mordaient Comme des chiens féroces qui défendent leur enclos. III- Ainsi, enragés, ils se mordaient entre eux Et tous ceux qu’ils pouvaient trouver, C’est pourquoi on les a attachés Avec des liens extrêmement solides. IV- On les emmena donc à Terena, Lieu de grande dévotion, Afin que la Vierge les guérisse, car ils ne Savaient plus quoi faire d’autre. V- Alors qu’on les emmenait, non sans peine, Car chacun d’eux mordait comme un chien, Ils ont traversé avec eux un très grand fleuve, Le Guadiana, à son entrée au Portugal. VI- Et le premier d’entre eux observa avec soin Du haut d’une colline où il s’était posté Et il aperçut au loin Terena, qui se trouve au milieu d’une vallée. VII- Il leur dit alors ceci : « Lâchez-moi, car je n’ai plus la rage, Car je vois Sainte Marie et je sais bien Qu’elle m’a complètement guéri de ce mal ; VIII- Et donnez-moi de l’eau à boire, par Dieu, Car la Vierge, qui secoure toujours les siens, Vient de me guérir sans tenir compte Des péchés que j’ai commis en tant que traître. » IX- L’autre dit la même chose dès qu’il aperçut L’église, car il se trouva aussitôt Guéri de la rage et leur demanda de l’eau ; Ils la lui donnèrent d’une source intarissable. X- Dès qu’ils eurent bu, ils se mirent en route Directement vers Terena pour achever Leur pèlerinage. Comme la Vierge les avait Guéris, ils offrirent en remerciement… XI- Ce qu’ils pouvaient, chacun d’eux, Qu’ils ont laissé sur place, Et chacun d’entre eux a allumé Un cierge devant l’autel de la Vierge. XII- Ce miracle a montré à cette occasion Que Sainte Marie, qui en a accompli tant d’autres, En tant que noble Dame de grand prix, Nous secourt toujours avec sa bonté et ne nous déçoit jamais.
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N° 276 « Quena Virgen por sennor tevér »

Como Santa María do Prado, que é cabo Segóvia, guariu un monteiro del Rei dũa campãa que lle caeu de suso. Refrain : Quena Virgen por sennor tevér, de todo mal guarrá. I- Ond’ un miragre que fez Vos direi, saboroso, En Prad’ a Sennor de prez, En un logar viçoso, U há… II- Ũa sa eigrej’ alí, Mui fremosa capéla, En que fez, com’ aprendí, Esta que nos caudéla E dá… III- Saúde e salvaçôn, Que déu a un monteiro Que na sa eigreja ’ntôn Entrou mui deanteiro Alá… IV- U viu os sinos estar E foi que os tangesse, Mais un deles se britar Foi e caeu sobr’ esse. “Ahá,”… V- Disséron todos, “par Déus, Mórt’ é sen nulla falla; Porend’ a que val os séus Mestér há que lle valla Ja. VI- Ca de guisa ferida Que non há ósso são Na cabeça, a la fé, Nen pód’ andar por chão, Ca… VII- Mais mól’ a cabeça ten Ca non é pera fóle Nen manteiga; e porên, Pois que a ten tan móle, Alá… VIII- Ant’ o séu altar põer Da Virgen o vaamos.” E foron assí fazer, Com’ en verdad’ achamos; E a… IX- Noite ant’ essa Sennor Jouve tal come mórto; Mais ant’ a luz gran sabor Lle déu a que confórto Dá… X- Que s’ergesse pera ir Con os outros monteiros, E tan tóste foi sentir Os óssos muit’ enteiros Da… XI- Tésta. E porên loou Muito a Grorïosa, Porque en ele mostrou Sa vertude fremosa E sa… XII- Mercee que nunca fal, De que é mui grãada; Porên de todos sen al Sempre é mui loada e Será.
Comment Sainte Marie du Prado, près de Ségovie, guérit un chasseur du roi d’une cloche qui lui était tombée dessus. Refrain : Quiconque a la Vierge pour Dame sera guéri de tous ses maux. I- À ce sujet, je vais vous raconter Un miracle très beau, Que la Dame de valeur a accompli À Prado, un lieu fertile, Où il y a… II- Là, une église, Une très belle chapelle, Dans laquelle, d’après ce que j’ai compris, Celle qui nous guide Et nous donne… III- Salut et bénédiction, Ainsi qu’ils furent donnés à un chasseur Qui était entré dans l’église, Tout au fond, Là-bas… IV- Il vit qu’il y avait des cloches Et s’approcha pour les sonner, Mais l’une d’elles se cassa Et lui tomba dessus. « Ah ! »… V- Dirent-ils tous : « Mon Dieu, Il est sans doute mort ; C’est pourquoi celle qui protège les siens Doit l’aider Sans tarder. VI- Il est tellement blessé Qu’il ne lui reste pas un seul os intact Dans la tête, je vous le jure, Et il ne peut même pas marcher, Car… VII- Il a la tête plus amollie Qu’une poire Ou que du beurre. Comme elle est si molle, Là-bas… VIII- Devant l’autel de la Vierge, Allons le déposer. » Et c’est ce qu’ils firent, Comme nous l’avons constaté, Et la… IX- Nuit s’écoula pour ce gentilhomme, Qui gisait comme un mort. Mais avant l’aube, une grande satisfaction Lui apporta le réconfort Que la Vierge procure… X- Afin qu’il puisse se lever et partir Avec les autres chasseurs, Et il sentit à nouveau Tous les os De sa… XI- Tête. C’est pourquoi il loua Avec ferveur la Glorieuse, Car en lui s’était manifestée Sa magnifique sainteté Et sa… XII- Mansuétude qui ne fait jamais défaut, Et qui est très abondante. C’est pourquoi tout le monde La loue sans cesse et continuera De le faire.
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N° 280 « Santa Maria bẽeita seja »

Esta é de loor de Santa Maria. Refrain : Santa Maria bẽeita seja, Ca espelh’é de Santa Eigreja. I- Ca em ela os santos se catam, E pelo seu rogo se desatam Os pecados dos que bem baratam, De que o dem’há mui grand’ enveja. II- Per ela se corregem os tortos, E ar faz ressocitá-los mortos, E aos coitados dá conortos, E co-no demo por nós peleja. III- Ela é lume dos confessores E avogada dos pecadores E a melhor das santas melhores; Demais, nosso bem sempre deseja. IV- Dos mártires é lum’e corõa, E das virgẽes ar é padrõa, E os grandes pecados perdõa: Atant’é sa mercee sobeja. V- Porém lhe rogo que por bem tenha Que, quando for que mià morte venha, Que a mià alma nom se detenha D’ir a logar u a sempre veja.
Ceci est un hymne à Sainte Marie. Refrain : Bénie soit Sainte Marie, Car elle est le miroir de la sainte Église. I- Car en elle se reflètent les saints, Et par ses prières s’effacent Les péchés de ceux qui agissent mal, Ce dont le démon est très jaloux. II- Grâce à elle, les erreurs sont corrigées, Elle ressuscite les morts, Elle console les affligés Et combat pour nous contre le diable. III- Elle est la lumière des confesseurs, L’avocate des pécheurs Et la meilleure parmi les meilleures saintes ; De plus, elle veille toujours à notre bien. IV- Elle est la lumière et la couronne des martyrs, La patronne des vierges Et elle pardonne les grands péchés Tant sa miséricorde est grande. V- C’est pourquoi je t’en supplie Quand l’heure de ma mort viendra, Que mon âme ne s’arrête pas Avant d’atteindre l’endroit où je pourrai la voir toujours.
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N° 287 « O que en Santa María todo séu coraçôn ten »

Como Santa María de Scala, que é a par de Jénüa, livrou ũa mollér de mórte que ía alá per mar en romaría. Refrain : O que en Santa María todo séu coraçôn ten que quér que lle por mal façan, todo llo tórna en ben. I- E daquest’ un gran miragre vos direi, se vos prouguér, Que mostrou Santa María por ũa bõa mollér Que en Génüa morava; e queno logar quisér Saber: foi ena ermida de Scala, que prét’ é ên. II- Aquesta casada éra con un hóme que peor Lle quería d’outra cousa do mund’, e a pecador Daquesto non se guardava; e o falsso traedor Buscou como a matasse, e fez en elo mal sen. III- Esta en Santa María fïava, per com’ oí, Mais d’ outra cousa que fosse, e avẽo-ll’ end’ assí Que a guareceu de mórte, com’ oïredes per mi; E de como foi aquesto, non vos ên negarei ren. IV- O marido por matá-la mostrou aquesta razôn “Ai, mollér, por Déus, vaamos ambos fazer oraçôn Aa ermida de Scala per mar, ca per térra non, E aqueste méu conssello non tennades en desdên.” V- Ela creê-o e foi-se con el a aquel logar; Mais o falsso, que havía gran sabor de a matar, Fillou-a, indo na barca, e deitou-a eno mar. Mas sãa a pos na riba a Sennor que nos mantên. VI- Quand’ esto viu o marido, de coraçôn lle pesou E foi lógo pera ela e tan muito a rogou Que entrou con el na barca; e tan tóste a fillou E meteu-a en un saco, por que nunca saíss’ ên. VII- E atou-a ben no saco aquel falsso desleal E deitou-a no mar lógo, ca lle quería gran mal; Mais tan tóste foi con ela a Reínna sperital, E pos-la en salvo fóra. E aqué o falsso ven, VIII- Cuidando que éra mórta, e foi da barca decer E dereit’ aa ermida foi por oraçôn fazer; E quando foi aa pórta, viu sa mollér i seer Con séu saco ena mão, dizendo: “Non te convên IX- Que hoi mais comigo sejas: ca a Virgen me guariu Quando me no mar deitaste, e mia oraçôn oiu E ben eno mar mui fondo aqueste saco abriu, Ca non quis que i morresse; bẽeita seja, amên.” X- Quand’ esto viu o marido, aos pées lle caeu E perdôn pediu chorando por aquele que naceu Da Virgen Santa María; e ela o recebeu, E ambos en romaría foron a Jerusalên.
Comment Sainte Marie de la Scala, près de Gênes, a sauvé la vie d’une femme qui s’y rendait en pèlerinage. Refrain : Celui qui met tout son cœur en Sainte Marie, même si l’on veut lui faire du mal, tout se transforme en bien pour lui. I- À ce propos, si cela vous plaît, je vais vous raconter un miracle Que Sainte Marie a accompli pour une bonne femme Qui vivait à Gênes, et pour ceux qui voudraient savoir où : C’était à l’ermitage de la Scala, qui se trouve tout près de là. II- Elle était mariée à un homme qui ne l’aimait pas du tout, Et la pauvre pécheresse n’y prenait pas garde ; Mais ce faux traître complota pour la tuer Et fit le mal. III- Elle plaçait sa confiance en Sainte Marie, d’après ce que j’ai entendu dire, Plus qu’en quoi que ce soit d’autre, et c’est ainsi Qu’elle fut sauvée de la mort, comme vous allez l’entendre de ma bouche. Et je ne vous cacherai rien de la manière dont cela s’est passé. IV- Le mari, pensant à la tuer, lui dit ceci : « Oh, femme, pour l’amour de Dieu, allons tous les deux prier À l’ermitage de la Scala, mais prenons par la mer, pas par la terre, Et ne dédaigne pas ce conseil ». V- Elle le crut et partit avec lui pour cet endroit. Mais ce fourbe, qui avait très envie de la tuer, Alors qu’ils étaient dans la barque, l’attrapa et la jeta à la mer. Mais la Dame qui nous protège la ramena saine et sauve. VI- En voyant cela, le mari fut profondément ennuyé Il s’adressa à elle et la supplia tant et si bien Qu’elle remonta avec lui dans la barque ; aussitôt, il la saisit Et la fourra dans un sac, afin qu’elle ne puisse s’en échapper. VII- Et ce faux traître noua bien le sac Et le jeta à la mer, car il ne l’aimait pas vraiment. Mais aussitôt la Dame spirituelle vint à son secours Et la ramena saine et sauve. Voici que le sournois… VIII- Croyant qu’elle était morte, descendit de la barque Et se rendit directement à la chapelle pour prier. Lorsqu’il arriva à la porte, il vit là sa femme, Le sac à la main, disant : « Ce n’est pas juste… IX- « Qu’aujourd’hui tu sois encore avec moi, car la Vierge m’a aidée Quand tu m’as jetée à la mer, elle a entendu ma prière Et a ouvert ce sac au fond de la mer, Car elle ne voulait pas que je meure là-bas, qu’elle soit bénie. Amen. » X- En voyant cela le mari se jeta à ses pieds Et lui demanda pardon en pleurant pour celui qui est né De la Vierge, Sainte Marie ; et elle l’a accepté, Et tous deux partirent en pèlerinage à Jérusalem.
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N° 304 « Aquela em que Deus carne »

Esta é como Santa Maria de Ribela nom quer que arça outr’ oio ant’ o seu altar senom d’olivas que seja bem claro e muit’ esmerado. Refrain : Aquela em que Deus carne Prendeu, e nos deu por lume, Das cousas límpias se paga Sempre: tal é seu costume. I- E desto mostrou miragre A Virgem Santa Maria Grand’ em ũa sa eigreja, E demostra cada dia, Em ũ’ aldea que nome há Ribela, u soía Haver bem d’antiguedade Um mõesteir’ a costume… II- D’ órdim de Sam Bẽeíto. E ora chus da eigreja Nom ficou, que é da Virgem (Que sempre bẽeita seja), Em que há bem cinc’ altares, U gram vertude sobeja Mostra Deus no que é dela: Ca nom pod’ i arder lume… III- Doutr’ oio senom d’olivas Mui límpi’ e muit’ esmerado; Ca, macar ard’ ant’ os outros De linhaça, sol pensado Nom é que ant’ o da Virgem Arça; e est’ é provado Muitas vezes eno ano, E há-no já por costume. IV- Ca o provam ameúde Cavaleiros, lavradores, Clérigos, monges e frades Descalços, preegadores; Ca, pero i acenderom Outros oios ardedores, Atantoste se matavam Que sol nom deitavam lume. V- E porend’ os dessa terra Nom ousam seer ousados D’outr’ oio ali queimarem, Ca saem por denodados Ende cada que o provam, E por esto som tornados A queimar oio d’oliva Nas lámpadas por costume.
Voici pourquoi Sainte Marie de Ribela ne veut pas qu’on brûle sur son autel d’autre huile que de l’huile d’olive très claire et très raffinée. Refrain : Celle en qui Dieu s’est incarné et qui nous a donné la lumière Se réjouit toujours des choses pures : telle est son habitude. I- À ce sujet, la Sainte Vierge Marie A accompli un grand miracle Dans l’une de ses églises, Et elle le manifeste chaque jour Dans un village appelé Ribela, Où se trouvait Depuis très longtemps Un monastère de la règle… II- De Saint Benoît. Il ne reste plus aujourd’hui que l’église De la Vierge, (Qu’elle soit à jamais bénie), Qui compte cinq autels, dont l’un, Qui lui est dédié, Est le théâtre d’une sainteté extraordinaire, Car le feu ne peut y brûler… III- Qu’avec une autre huile que celle d’olive, Très pure et très raffinée. Car si, sur les autres autels, On brûle de l’huile de lin, personne Ne songerait qu’elle puisse brûler Sur celui de la Vierge. On le vérifie plusieurs fois par an, Et c’est désormais une coutume. IV- Car souvent, Chevaliers, paysans, Ecclésiastiques, moines et frères Déchaussés, orateurs, Y allumaient D’autres huiles à brûler, Mais celles-ci s’éteignaient aussitôt Et ne donnaient aucune lumière. V- C’est pourquoi ceux de cette région N’osent pas Y brûler d’autre huile, Car ils finissent par y laisser Leur vie chaque fois qu’ils s’y risquent ; Ils reviennent donc à l’huile d’olive Pour alimenter leurs lampes, Comme le veut la coutume.
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N° 306 « Por gram maravilha tenho / De nulh’ home s’ atrever »

Como Santa Maria fez converter um herege em Roma que dizia que Santa Maria nom podia seer virgem e haver filho. Refrain : Por gram maravilha tenho de nulh’ home s’ atrever A dizer que Deus nom pode quanto xe quiser fazer. I- E com’ é hom’ atrevudo Em querer saber razom Por que fezo Deus as cousas Que nom eram ant’ e som Ora? Muit’ é de mal siso; Ca as obras de Deus nom Som pera saber-se todas, Nem pode per rem seer. II- E daquest’ um gram miragre Avẽo per com’ oí, A um herege em Roma, E contam que foi assi, Dũa omagem que era Da Virgem, com’ aprendi, Pintada ena eigreja, Como vos quero dizer. III- Esta eigrej’ é aquela Que chamam de Leterám, Que do ’mperador foi casa Que nom’ houv’ Octaviám; Mas depois ar foi eigreja Do apóstol’ Sam Joám, Mui nobre e mui bem feita E que costou grand’ haver. IV- Ali ést’ ũa omagem Da Virgem que nom há par Pintada ena parede, E como a saudar Vẽo o ángeo do ceo, Per que s’ houve d’emprenhar Ela de ’Spirito Santo Logo sem neum lezer. V- E tam bom maestre era O pintor que a pintou Que fezo que semelhasse Que, quando a saudou O ángeo, como logo Atantoste s’emprenhou; E porém lhe fez o ventre Mui creçudo parecer. VI- E fez que tevesse cinta Bem como prenhada sol Cengir per cima do ventre Quando lh’ a prenhece dol. Esta omagem um dia Viu-a um herege fol, E disse aos crischãos: “– Vede que ides creer, VII- Que Santa Maria virgem Foi !; sol nom dizedes rem, Ca vedes que tem a cinta Como molher prenhe tem Suso per cima do ventre; Muito sodes de mal sém Em creer ataes cousas Nem sol i mentes meter”. VIII- Quando aquest’ houve dito Aquel herege sandeu, Log’ a aquela omagem A cinta lhe decendeu Juso como a molher virgem, E logo lhe descreceu O ventr’, assi come ante Que foss’ ela conceber. IX- Pois esto viu o herege, Repentiu-se muit’ entom, E aa Virgem bẽeita Pidiu chorando perdom. Esto fez Deus por sa madre, Por mostrar que, com razom, Foi prenhe seendo virgem, E pois que El foi nacer X- Esta omagem bẽeita Des entom assi está Com sa cinta abaixada, E sempr’ assi estará; E Deus miragres por ela Mostrou pois e mostrará, Por nos fazer de sa madre A verdade conhocer.
Comment Sainte Marie a converti un hérétique à Rome, qui affirmait que Sainte Marie ne pouvait être vierge et avoir un fils. Refrain : Il est extraordinaire que quelqu’un ose affirmer Que Dieu ne peut pas faire tout ce qu’il veut. I- Et quel téméraire que celui Qui veut savoir pourquoi Dieu a créé des choses Qui n’existaient pas auparavant Mais qui existent désormais, et quel insensé, Car les actes de Dieu n’ont pas Été accomplis pour être connus de tous, Et cela ne saurait d’ailleurs être le cas. II- À ce propos, un grand miracle s’est produit, D’après ce que j’ai entendu dire, Auprès d’un hérétique à Rome, Et on raconte que c’était À cause d’une image de la Vierge Qui s’y trouvait, selon ce qu’on a dit, Peinte dans l’église, Comme je vais vous le raconter. III- Cette église est celle Qu’on appelle le Latran, Qui avait été la demeure de l’empereur Du nom d’Octavien, Mais qui devint ensuite l’église De l’apôtre saint Jean, Très élégante et bien construite, Et qui s’avéra très coûteuse. IV- On y voit une image De la Vierge sans pareille Peinte sur un mur, Qui représente le moment où L’ange venu du ciel l’a saluée Et où elle est aussitôt tombée enceinte Par l’opération de l’Esprit Saint, Sans avoir connu d’homme. V- Le peintre qui l’avait peinte Était un maître si talentueux Qu’il a réussi à peindre comment Elle est tombée enceinte Au moment même où l’ange l’a saluée, C’est pourquoi Il l’a représentée Avec un ventre Très arrondi. VI- Et il la peignit avec la ceinture Que les femmes enceintes nouent Autour de leur ventre, Lorsque la grossesse est évidente. Un jour, un hérétique fou Vit cette image Et dit aux chrétiens : « Regardez en quoi vous croyez, VII- Que Sainte Marie était vierge ! Et vous ne dites rien Quand vous voyez qu’elle porte le ruban Comme n’importe quelle femme enceinte Le porte sur son ventre. Vous manquez bien de bon sens Pour croire à de telles choses Sans y prêter attention. » VIII- À peine cet hérétique insensé Eut-il prononcé ces mots Que le ruban de cette image Descendit jusqu’en bas, Comme chez n’importe quelle femme vierge, Et aussitôt son ventre rétrécit, Et il redevint comme il était Avant d’avoir conçu. IX- En voyant cela, l’hérétique Se repentit profondément Et en pleurant, demanda pardon À la Sainte Vierge. Dieu fit cela pour sa mère, Afin de prouver qu’il est vrai Qu’elle était enceinte Mais restée vierge après sa naissance. X- Cette image bénie Est restée ainsi depuis lors, Avec son ruban tombé, Et elle le restera pour toujours. Et Dieu a accompli des miracles Par son intermédiaire Et en accomplira d’autres Afin que nous connaissions la vérité sur sa mère.
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N° 372 « Muit’ éste maior cousa »

Como vẽo ũa molher de Nevra que raviava, a Santa Maria do Porto, e apareceu-lhe Santa Maria de noit’ e guareceu-a. Refrain : Muit’ éste maior cousa em querer-se mostrar A Virgem aos homes ca d’ enfermos sãar. I- E dest’ um gram miragre Direi, se vos prouguer, Que a Virgem bẽeita Fez por ũa molher Na igreja do Porto; E quem mi oir quiser Direi-lhe com’ avẽo E mi o bem ascoitar. II- Ũa molher de Nevla Forom trager ali, Que bem havia cinque Dias, com’ aprendi, Que raviava tam forte, Segundo que oí, Que mordia as gentes E come cam ladrar. III- Se filhava de rijo. E por esta razom Forom-lh’ atar as mãos E os pees entom; Demais, eram passados Cinque dias que nom Comera nem bevera Nem podia folgar. IV- E, pois foi na igreja E o altar catou, Aquela rávia grande Toda se lh’ amansou; E, pois dormiu um pouco, A Virgem a filhou Pela mão e disse-lh’: “– Eu te venho sãar; V- E des hoimais nom hajas Medo de mal haver, Mais há mester que cómias E que queiras bever; Ca eu sõo aquela Que posso guarecer Tod’ aquel que na coita Que houver me chamar”. VI- Fois’ entom a reinha, Virgem espirital, E leixou bem guarida A molher daquel mal; E pediu que comesse E bevess’ outrotal, E os que i estavam Forom-lho logo dar. VII- Quando viu o marido Que cobrara seu sém Sa molher e que era Iá guarida mui bem Daquela mortal rávia, Deu loores porém Aa Virgem bẽeita, Que se quis mercear… VIII- Dela; e quantos eram Eno logar loor Derom porém mui grande Aa santa senhor Virgem e groriosa Madre do Salvador Jesu-Cristo, que vẽo Em ela encarnar.
Comment une femme de Niebla, atteinte de la rage, se rendit à Puerto de Santa María et vit apparaître la Vierge pendant la nuit, qui la guérit. Refrain : C’est bien là la chose la plus importante : que la Vierge ait voulu se montrer Aux hommes pour guérir les malades. I- Et d’un grand miracle Je vous parlerai, si vous le permettez, Que la Vierge bénie A accompli sur une femme Dans l’église du Port. À ceux qui veulent bien m’entendre, Je raconterai comment cela s’est passé, S’ils m’écoutent attentivement. II- On y a amené Une femme de Niebla Qui d’après ce que j’ai compris, Depuis cinq jours, Était atteinte de la rage Et qui, d’après ce que j’ai entendu, Mordait les gens, Aboyait comme un chien… III- Et se battait férocement. C’est pour cette raison Qu’on lui avait lié les mains Et les pieds Et cela faisait déjà Cinq jours qu’elle n’avait Ni mangé ni bu, Et qu’elle ne pouvait pas se reposer. IV- Quand elle entra dans l’église Et qu’elle vit l’autel, Cette rage si intense S’apaisa Et après qu’elle ait dormi un peu, La Vierge lui prit La main et lui dit : « Je viens te guérir » V- « Et à partir d’aujourd’hui, N’aie plus peur d’être malade, Mais tu dois manger Et tu dois boire, Car je suis celle Qui peux guérir Tous ceux qui m’invoquent Dans leur détresse. » VI- La Reine spirituelle S’en alla alors Et laissa la femme parfaitement guérie De sa maladie, Qui demanda à manger Et aussi à boire Et ceux qui étaient là Le lui apportèrent aussitôt. VII- Lorsque le mari vit Que sa femme avait retrouvé La raison et qu’elle était Parfaitement guérie De cette rage mortelle, Il rendit grâce À la Sainte Vierge, Qui avait bien voulu avoir pitié… VIII- D’elle ; et tous ceux Qui se trouvaient en ce lieu Ont rendu un très grand hommage À la sainte Dame, Vierge et glorieuse Mère du Sauveur Jésus-Christ, qu’ils ont vu S’incarner en elle.