Épopée · Concert 1

Contre le Temps

Tempus Fractum — fragments mélodiques entrelacés
Vendredi 28 août 202620hRosheim — église Saints-Pierre-et-Paul

La musique

Guidé par les traces fragiles de fragments musicaux des XIIIe-XIVe siècles, ce programme commence là où l’histoire s’effiloche. Des fragments de mélodie et des manuscrits incomplets forment le cœur de notre exploration. Plutôt que de les présenter comme de simples curiosités isolées, nous les laissons s’épanouir : chaque fragment est chanté tel qu’il nous parvient dans le manuscrit, puis développé de différentes manières — compositions, arrangements et improvisations dont le style provient d’années d’intuition partagée au sein de l’ensemble.

Un monde apparaît, où le temps s’enroule sur lui-même. Les voix voyagent entre les siècles comme si elles restituaient l’imagination de moniales médiévales soudain transportées dans le présent. Nous ne cherchons pas à reconstruire ce qui fut ; nous y répondons de manière créative, en artistes contemporaines qui dialoguent avec cette musique.

Au centre de ce programme se trouve une question : que faisons-nous d’une musique qui ne subsiste qu’en fragments ? Ces pièces sont rarement interprétées, jugées trop incomplètes pour être présentées en concert. Pourtant, nous sommes attirées par elles, par leur singularité et leur isolement. Ici, nous donnons voix à des œuvres qui en ont rarement, les remodelant avec notre propre sensibilité et leur permettant de devenir autre chose.

Pour ce concert, l’ensemble Contre le Temps se joint à Francesca Gaza, compositrice, instrumentiste et chanteuse spécialisée dans le jazz. Elles ont composé ensemble des pièces et créé des arrangements. Francesca Gaza y joue d’un clavier ancien dont le son est parfois modifié par un looper électronique.

L’ensemble

Contre le Temps

Contre le Temps est un ensemble vocal féminin voué à la musique médiévale, fondé à Bâle en 2021 par Julia Marty, Cécile Walch, Karin Weston et Amy Farnell, alors étudiantes à la Schola Cantorum Basiliensis. Devenu en quelques années l’une des voix qui comptent dans ce paysage, il parcourt les genres du XIe au XVIe siècle en accordant une sensibilité très personnelle à une connaissance rigoureuse des sources. Son nom lui vient de deux chansons, l’une du trouvère Gace Brulé, l’autre d’un anonyme du manuscrit d’Oxford : manière d’affirmer une interprétation à la fois singulière et affranchie des époques.

Les répertoires que défend l’ensemble étaient, à l’origine, chantés par des femmes qui se connaissaient de longue date et avaient l’habitude de chanter ensemble. Contre le Temps s’attache à retrouver ce lien, musical autant que personnel. Formées à la Schola Cantorum Basiliensis, les quatre chanteuses travaillent à un son commun qui ne gomme jamais le timbre propre de chacune. Elles abordent ce répertoire en exploratrices, ouvertes à ce qu’il peut encore livrer de sonorités inattendues, et lui donnent corps comme la seule voix humaine sait le faire.

Le travail se conduit collégialement, sans direction unique : chanter la musique encore et encore, essayer des phrasés, des tempos, des couleurs, et consentir à la lenteur qu’exige la formation d’un son. L’ensemble cherche à réduire au minimum la distance entre la musique, ses interprètes et le public, en vivant assez longtemps avec le répertoire pour l’intérioriser et le chanter de mémoire. Cette patience prend le contre-pied d’un métier où l’indépendance impose le plus souvent la vitesse ; elle ouvre en retour une autre expérience de la durée — celle-là même que le nom de l’ensemble revendique.

À ce renouvellement continu du son s’ajoute le souci de la relation au public. Contre le Temps investit autrement l’espace scénique, pour rompre avec la frontalité du concert, et improvise en cours de représentation, à la manière des musiciens médiévaux.

L’ensemble se produit dans toute l’Europe, cette saison en Belgique, en Angleterre, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse. En 2023, il participe à l’International Young Artist Programme du festival Laus Polyphoniae d’Anvers et remporte, au Concours international Van Wassenaer, le Prix du public et le deuxième prix du jury, ainsi que le prix OOM, assorti d’une tournée pendant la saison 2024-2025 du Festival d’Utrecht. On l’entend cette année au Beverly Early Music Festival, dans la série Musica Antiqua de la Radio bavaroise, au CavrosArts Festival, au Festival de musique ancienne de Beaune, au MA Festival de Bruges, à Laus Polyphoniae (AMUZ), au Festival Oude Muziek d’Utrecht, à Via Mediaeval et à Mvsica Cordis.

Francesca Gaza

Compositrice, chanteuse et pianiste italo-allemande née en 1995, Francesca Gaza vit à Bâle. Son travail se tient au croisement de la musique ancienne, de l’écriture contemporaine et de l’improvisation, là où se rencontrent instruments historiques, électronique et textures expérimentales. Elle rejoint ici Contre le Temps avec sa spinettina da gamba, que l’électronique transforme en une voix scintillante et diaphane, appelée à dialoguer avec les fragments médiévaux. Elle dirige par ailleurs l’ensemble Kugelförmigkeit et son quartette aminth, qui confrontent l’un et l’autre les textures de la Renaissance et du baroque à des univers sonores contemporains. PourChœur, Il Pomo d’Oro, le Kambrass Quintet, les Solothurner Singknaben ou l’Ensemble Proton Bern lui ont passé commande ; il en résulte des paysages lumineux, à évolution lente, accordés à la mémoire, à l’espace et à une certaine fragilité poétique.

Le programme

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie
Quatrième partie
Cinquième partie

Les artistes

  • Cécile Walchchant médiéval
  • Karin Westonchant médiéval
  • Amy Farnellchant médiéval
  • Julia Martychant médiéval
  • Francesca Gazachant jazz et épinette amplifiée

Les textes chantés et leurs traductions

↑ programme

A ma dame servir met tout mon cuer et moy

F-Pn, fr. 146, f. 25r
A ma dame servir met tout mon cuer et moy
À ma dame servir, je mets tout mon cœur et moi-même
↑ programme

Virgo decora statum meliora

GB-Ob, Arch. Selden B. 14
Virgo decora statum meliora te laudancium atque precancium; pro nobis exora in decurso stadio; Vite nobis sit in hora mortis consolacio.
Ô Vierge belle, qui apporte un état meilleur à ceux qui te louent et te prient ; intercède pour nous dans le cours de notre vie ; sois pour nous, à l’heure de la mort, une consolation.
O virgo que provide decoris flos virginei Christum mundo genuisti, Quem fovebas genitrix et alitrix; Quem tonantem in nubibus, Sedentem in palacio, Totus non capit Ordo spere mundialis; Quique spacium localis…
Ô Vierge, fleur éclatante et noble de la virginité, tu as donné naissance au Christ pour le monde, que tu as nourri comme mère et nourrice ; celui que tu as porté, qui tonne dans les nuées, assis dans son palais céleste, et que tout l’ordre du monde ne peut contenir ; lui que l’espace de la création ne peut enfermer…
↑ programme

Ave maris stella / Stella maris / Alleluya

GB-Cjec, MS QB1, f. 2
Ave maris stella Dei mater alma, nove latrix legis, honor Christi gregis, virgo Maria. Stella maris, parens paris, alma nescia. Latrix legis, lumen gregis, plena gracia. Ave Maria. Alleluya.
Salut, étoile de la mer, douce Mère de Dieu, porteuse de la nouvelle Loi, honneur du troupeau du Christ, Vierge Marie. Étoile de la mer, mère de celui qui engendre, pure et pleine de grâce ; porteuse de la Loi, lumière du troupeau, comblée de grâce. Je vous salue Marie. Alléluia.
↑ programme

J’ai amé et touz jourz amerai

F-Pn, fr. 146, f. 24r
J’ai amé et touz jourz amerai
J’ai aimé et j’aimerai toujours
↑ programme

Amor per ti sempre

I-STr 14
Amor, per ti sempre ardo di tormenti e sospiri, soçeto a gran martiri, vedendo el me se corso sempre torto. Donna bella piacente, quando sidi alto paresse Amor, per ti sempre ardo di tormenti e sospiri, soçeto a gran martiri, vedendo el me se corso sempre torto.
Amour, pour toi je brûle toujours de tourments et de soupirs, soumis à de grandes souffrances, voyant que mon destin a toujours été détourné. Belle dame plaisante, lorsque tu es assise dans ta haute majesté… Amour, pour toi je brûle toujours de tourments et de soupirs, soumis à de grandes souffrances, voyant que mon destin a toujours été détourné.
↑ programme

Alma redemptoris mater

GB-Ob, Fairfax 27, f. 2v
Alma redemptoris mater, que pervia celi porta manens, et stella maris, Succurre cadenti surgere qui curat populo; to que genuisti, natura… […mirante, tuum sanctum Genitorem Virgo prius ac posterius, Gabrielis ab ore Sumens illud Ave, peccatorum miserere.]
Douce Mère du Rédempteur, toi qui demeures la porte ouverte du ciel et étoile de la mer, viens en aide au peuple tombant qui cherche à se relever. Toi qui as mis au monde, tandis que la nature… […s’émerveille, ton saint Créateur, tu es restée Vierge avant et après, recevant de la bouche de Gabriel le salut « Je vous salue », aie pitié de nous, pécheurs.]
↑ programme

Selanna

Sappho — arrangement d’Amy Farnell
Πλήρησ μὲν ἐφαίνετ᾽ ἀ σελάννα, αἰ δ᾽ ὠσ περὶ Βῶμον ἐσταθησαν. Αστερεσ μέν ἀμφι κάλαν σελάνναν ἆιψ ἀπυκρύπτοισι φάεννον εἶδοσ, ὄπποτα πλήθοισα μάλιστα λάμπησ ἀργυρια γᾶν.
La pleine lune brillait, et les étoiles autour de son autel se tenaient. Les étoiles, autour de la belle lune, cachaient à peine leur éclat lumineux lorsqu’elle brille au plus fort, illuminant la terre d’argent.
Κρήσσαι νύ ποτ᾽ ὦδ᾽ ἐμμελέωσ πόδεσσιν, ὠρχεῦντ᾽ ἀπάλοισ ἀμφ᾽ επόεντα Βῶμον πόασ τέπεν ἄνθοσ μάλακον μάτεισαι.
Les femmes de Crète, autrefois, dansaient avec grâce sur leurs pieds délicats autour de l’autel sacré, foulant des fleurs de printemps aux douces pousses.
Δέδυκε μεν ἀ σελάννα, καὶ Πληΐαδεσ, μέσαι δὲ νύκτεσ πάρα δ᾽ ἔρχετ᾽ ὤρα, ἔγω δὲ μόνα κατεύδω.
La lune s’est couchée, et les Pléiades aussi ; le milieu de la nuit est passé, et le temps s’avance, et moi je dors seule.
↑ programme

Son dous regart m’a mon cuer emblé

F-Pn, fr. 146, f. 24v
Son dous regart m’a mon cuer emblé
Son doux regard m’a volé le cœur
↑ programme

Io crido amor

I-STr 14
Io crido amor [-] visçida Et fruili ardento In cui mio cor confida. Diso gli ormay Qual angososo nodo Per cui ma çorno e nocte Non ho benne. Pensando sempre A l’amoroso modo Se cui l’alma orme Di ante penne. Io crido amor [-] visçida Et fruili ardento In cui mio cor confida.
Je crie à l’Amour, [-] blessé, et aux joies ardentes en qui mon cœur se confie. Je désire désormais ce nœud d’angoisse par lequel, jour et nuit, je n’ai aucun bien. Toujours en pensant à la manière amoureuse, par laquelle l’âme est marquée de douleurs anciennes. Je crie à l’Amour, [-] blessé, et aux joies ardentes en qui mon cœur se confie.
↑ programme

Coquelicot

Composition de Cécile Walch, d’après BnF, fr. 44, f. 82v
Her silver light across the earth Swiftly conceal their shining faces The moon appeared in fullness
Sa lumière argentée sur la terre Elles cachent discrètement leurs visages rayonnants La lune apparue pleine
↑ programme

Li plus se plaint d’amours

Blondel de Nesle — F-Pn, fr. 844, f. 137v
Li pluz se plaint d’amours, maiz je n’os dire Qu’ainc a nul jour me vou […] De duel morrai se me voi escondire. Maiz je ne sai conment ma joie eslise, Puis que par tout me fait s’amour doloir, Quar je l’aim tant loiaument sanz faintise, Si comme cil qui ne set decevoir ; Seigneur pooir Doit avoir vers franchise Ma loiautez que proier sanz voloir, S’amours est teus comme chascuns la prise.
Je me plains de l’amour, mais je n’ose dire Qu’un seul jour me veut… Je mourrai de douleur si elle me repousse. Mais je ne sais comment ma joie s’est envolée, Car son amour ne cesse de me faire souffrir Car je l’aime si loyalement, sans tromperie, Comme celui qui ne sait pas mentir. Le pouvoir d’un seigneur Devrait s’exercer avec noblesse : Ma loyauté ne mérite-t-elle pas davantage que de prier sans obtenir ce qu’elle désire ? Son amour est bien tel que chacun le prend.
Amours, de moi est vous il pitiez prise, Qui tant vous ai servie en bon espoir ? Bien deüssiez ma dame avoir aprise Ceste doleur, que me faites avoir ; Autrement, voir, N’iert ja par moi requise ; Se vous par ce ne li faites savoir, Ja ne verrai la fin de mon servise.
Amour, n’avez-vous donc aucune pitié de moi, Qui vous ai si fidèlement servi avec bon espoir ? Vous auriez dû apprendre à ma dame La douleur que vous me faites endurer. Autrement, en vérité, Je ne la solliciterai plus ; Si vous ne lui faites pas savoir cela, Je ne verrai jamais la fin de mon service.
↑ programme

Dame, a vous me sui donné

F-Pn, fr. 146, f. 25r
Dame, a vous me sui donné
Dame, je me suis donné à vous
↑ programme

Alleluia V. Salve virgo

GB-CA, Add. MS 128/8
Alleluya. Salve virgo mater dei templum sancti spiritus. Que sola vocari digne. Meruisti regina coelorum et dominum.
Alléluia. Salut, Vierge, Mère de Dieu, temple du Saint-Esprit, toi seule qui as mérité d’être appelée Reine des cieux et du Seigneur.
↑ programme

Beacius si servens

Philippe le Chancelier — A-Wn, Frag. 123a
Beacius si servens liberat Et plutonis pugiles superat Cum humanum sit concupisce Humanitas quam propter libere Mundiali habitu glorie Non coacta sub abstinecie Nex subdita obediencie Ut false cedunt apropernae Mundum queret mundanis cedendo Christi tum amore languendo Quem niam mundum dimitendo Angarie se jugo subdendo Jocis ce det mundanis coacta Quibus cendens sua solvit pacta Que numquam et ut raro habitum Commentarium semper mueritum Nuns igitur Sanctam Trinitatem venemus atque unitatem Virtuose in mundo viventes angarie fallaci cedentes
Plus heureusement se libère celui qui sert et il triomphe des champions de Pluton. Puisqu’il est humain de convoiter, l’humanité, qui pour cela librement use de l’apparat de la gloire mondaine, n’étant contrainte ni par l’abstinence ni soumise à l’obéissance, cède ainsi aux fausses apparences : elle cherche le monde en cédant au monde, tout en languissant de l’amour du Christ. Et celle qui, renonçant au monde et se soumettant au joug du service, cède, contrainte, aux plaisirs mondains, par cette reddition rompt ses propres vœux, dont jamais, ou bien rarement, on ne se déprend, car nous convoitons toujours ce qui est défendu. Vénérons donc la sainte Trinité et l’Unité, nous qui vivons vertueusement dans le monde, nous qui cédons à un service trompeur.
↑ programme

J’apelerai, se Dieus me gart

F-Pn, fr. 146, f. 25v
J’apelerai, se Dieus me gart
J’appellerai, si Dieu me garde
↑ programme

Te Deum

GB-Cgc, MS 334/727, f. 2
Te Deum laudamus: te Dominum confitemur. Te aeternum Patrem omnis terra veneratur. Tibi omnes Angeli, tibi Caeli et universae Potestates: tibi Cherubim et Seraphim incessabili voce proclamant: Sanctus, Sanctus, Sanctus Dominus Deus Sabaoth. Pleni sunt caeli et terra maiestatis gloriae tuae. Te gloriosus Apostolorum chorus, te Prophetarum laudabilis numerus, te Martyrum candidatus laudat exercitus. Te per orbem terrarum sancta confitetur Ecclesia, Patrem immensae maiestatis; venerandum tuum verum et unicum Filium; Sanctum quoque Paraclitum Spiritum.
Nous te louons, ô Dieu, nous te reconnaissons comme Seigneur. Toute la terre t’adore, Père éternel. Tous les anges, les cieux et toutes les puissances, les chérubins et les séraphins proclament sans cesse : Saint, Saint, Saint, le Seigneur Dieu de l’univers. Les cieux et la terre sont remplis de la majesté de ta gloire. Le chœur glorieux des apôtres te loue, le nombre admirable des prophètes te loue, la blanche armée des martyrs te loue. À travers toute la terre, la sainte Église te confesse, Père d’une majesté infinie, ton vrai et unique Fils digne d’adoration, ainsi que le Saint-Esprit, le Consolateur.
Tu Rex gloriae, Christe. Tu Patris sempiternus es Filius. Tu, ad liberandum suscepturus hominem, non horruisti Virginis uterum. Tu, devicto mortis aculeo, aperuisti credentibus regna caelorum. Tu ad dexteram Dei sedes, in gloria Patris. Iudex crederis esse venturus. Te ergo quaesumus, tuis famulis subveni, quos pretioso sanguine redemisti. Aeterna fac cum sanctis tuis in gloria numerari.
Toi, le Roi de gloire, ô Christ, tu es le Fils éternel du Père. Toi, pour délivrer l’humanité, tu n’as pas dédaigné le sein de la Vierge. Toi, ayant vaincu l’aiguillon de la mort, tu as ouvert aux croyants le royaume des cieux. Tu es assis à la droite de Dieu dans la gloire du Père. Nous croyons que tu viendras comme juge. Nous te supplions donc, aide tes serviteurs, que tu as rachetés par ton sang précieux. Fais que nous soyons comptés avec tes saints dans la gloire éternelle.
Salvum fac populum tuum, Domine, et benedic hereditati tuae. Et rege eos, et extolle illos usque in aeternum. Per singulos dies benedicimus te. Et laudamus nomen tuum in saeculum, et in saeculum saeculi. Dignare, Domine, die isto sine peccato nos custodire. Miserere nostri, Domine, miserere nostri. Fiat misericordia tua, Domine, super nos, quemadmodum speravimus in te. In te, Domine, speravi: non confundar in aeternum.
Sauve ton peuple, Seigneur, et bénis ton héritage. Gouverne-les et élève-les pour toujours. Chaque jour nous te bénissons, et nous louons ton nom à jamais, dans les siècles des siècles. Daigne, Seigneur, nous garder sans péché en ce jour. Aie pitié de nous, Seigneur, aie pitié de nous. Que ta miséricorde soit sur nous, Seigneur, comme nous avons espéré en toi. En toi, Seigneur, j’ai espéré : je ne serai pas confondu pour toujours.
↑ programme

Verbum bonum

GB-DOr, PE/NBY/MI 1, f. 2r
[Verbum bonum et suave] [Ave solem genuisti, ave prolem protulisti, mundo lapso contulisti [lu]me[n et imperium]. Ave mater verbi summi, Maris Por[tus, sign]um dumi Aromatum virga fumi, Angelorum gloria. Supplicamus, nos emend[a, emenda]tos nos commenda [tuo nato, ad habenda Sempiterna gaudia]
[Parole bonne et suave] Salut à toi qui as enfanté le Soleil, qui as donné naissance au Fils ; au monde déchu tu as apporté la lumière et la souveraineté. Salut, Mère du Verbe très-haut, Port de la mer, signe du Buisson ardent, Rameau d’encens odorant, Gloire des anges. Nous t’en supplions : corrige-nous ; et, une fois amendés, recommande-nous à ton Fils, afin qu’il nous accorde la joie éternelle.