Présenter un programme musical autour de Maître Eckhart est une gageure : pas une seule note de musique n’est associée directement ni à ses écrits, ni à ses enseignements. Mais le contexte musical dans lequel il évolue est riche et renferme les malaises d’une époque. Les extraits littéraires et les musiques de ce concert illustrent les tensions qui opposent Maître Eckhart et Rome, ainsi que le malaise grandissant de l’Eglise. Ils font également apparaître un visage, une expression du monde intellectuel et musical des XIIe et XIIIe siècles, celui qui influença plusieurs générations d’étudiants et de penseurs.
Anne Azéma, dont les interprétations passionnées sont unanimement saluées par les critiques de quatre continents, est également la créatrice de ce programme en récital. Elle est accompagnée à la vièle par Susanne Ansorg.
Eglise Saints-Pierre-et-Paul
Les vingt-et-une têtes d’hommes auréolées, ornant le chapiteau d’une colonne de l’église, seraient nécessaires pour admirer cet édifice dans son ensemble, une des plus grandes églises d’Alsace après la cathédrale de Strasbourg, dont on sent l’influence.
En 1051 l’édifice appartient aux moniales de Hesse. En 1132 l’église est détruite au cours de l’incendie qui ravage la ville, dû à la lutte qui oppose Frédéric de Souabe et l’évêque de Strasbourg. Le chantier de reconstruction et d’agrandissement s’achèvera en 1167. Considérée comme une des plus belles églises romanes d’Alsace, seule la tour-chœur avec le clocher roman de l’édifice du XIe siècle a pu être conservée jusqu’à ce qu’un nouvel incendie ravage la ville et l’église en 1385, faisant s’effondrer les clochers et les charpentes. L’édifice abrite de superbes vitraux et de spectaculaires fresques des XIIIeet XIVe siècles. Un dernier incendie en 1572 n’épargnera pas le clocher qui servait alors de tour de guet. En 1849 l’architecte Ringeisen est chargé de restaurer l’édifice et il commence par enlever toutes les adjonctions post-romanes, le mobilier baroque et déplace l’orgue au premier étage.
Construite en grès jaune sur le plan typique des églises romanes, à savoir une nef et deux bas-côtés formant avec le transept une croix latine orientée est-ouest, dont la croisée est surmontée d’un clocher, Rosheim est également célèbre pour l’importance de sa sculpture. Ainsi les sculptures sur le glacis de la tour, tout comme à Guebwiller, contribuent à la renommée du lieu.